Libre Liberté Libéral - Page 3

  • Le Conseil d'Etat dépense les budgets que le parlement lui alloue.

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    Le meilleur moyen de contrôler les dépenses effectuées par le gouvernement (et pas seulement celles liées à ses frais de représentation) c’est d’éviter de lui donner, par avance, les moyens de les faire. Il faut l’amener à justifier ses dépenses, avant que celles-ci soient effectuées.

    Or depuis bientôt 6 ans que je siège au Grand Conseil, dont 5 ans à la commission des finances, j’observe que le parlement accorde systématiquement au Conseil d’État les budgets que ce dernier demande. Parfois même, il lui alloue, sans réelle raison, plus de moyens que ceux qui lui sont demandés. Cela sans aucune exigence particulière. Tous les reports de crédits sont votés, sans aucun suivi ni contrôle. Les demandes de dépassement de crédit sont votées, en règle générale, sur simple demande du magistrat concerné, en l’espace de quelques minutes.

    Le résultat est flagrant : les dépenses de l’État augmentent : beaucoup plus vite que l’inflation et beaucoup plus vite que la croissance démographique.

    Depuis que je siège au Grand Conseil, le nombre de fonctionnaires a augmenté de plus de 1000 personnes par an.

    A cela s’ajoute, dans un silence médiatique assez assourdissant, que le nombre de fonctionnaires (ou retraités de la fonction publique) au Grand Conseil est si grand qu’ils sont bientôt devenus majoritaires. Comment peuvent-ils décemment et loyalement soutenir une réduction des dépenses ... voulues par leur employeur ?

    Le PLR s’oppose à cette politique mais est, depuis toutes ces années, systématiquement minorisé.

    Il faut toutefois relever que l’argent coule à flots constants dans les caisses de notre République. D’abord parce que l’économie va plutôt bien, mais aussi parce que l’État justifie sans cesse des prélèvements supplémentaires. Je ne serais pas surpris que le Conseil d’État présente, à la fin du mois, des comptes largement excédentaires.

    Et je ne serais pas surpris qu’immédiatement, le parlement propose de nouvelles dépenses.

    Et bien, Mesdames et Messieurs les députés, si vous n’avez cesse de donner à votre gouvernement des moyens considérables, sans réel contrôle en amont, comment pouvez-vous vous plaindre que le Conseil d’État les dépense ? Sans compter.

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  • C’est le moment de réagir !

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    Le rapport de la Cour des Comptes sur la gestion du secteur juridique du service de police du commerce et de la lutte contre le travail au noir (PCTN) est accablant. Mais si révélateur.

    Citoyens de ce Canton : lisez-le ! La plupart de vos députés s’en accommoderont si vous ne réagissez pas !

    Depuis 5 ans que je siège à la commission des finances, j’assiste au même défilé : celui des Conseillers d’Etat qui viennent expliquer qu’il faut augmenter les dépenses et, surtout, les effectifs ! Il débute au mois de septembre et dure jusqu’au mois de décembre. Chaque mercredi après-midi, à huis-clos.

    Il n’y a qu’un seul discours, bien rodé. Toutes les dépenses supplémentaires (informatiques, ...) sont présentées comme des gains d’efficience. Les dépenses sont toutes votées ... mais aucun des gains d’efficience annoncés n’est réalisé !

    On assiste chaque semaine au même chantage : le Conseil d’Etat brandit la menace d’une baisse de prestation à chaque économie demandée. Les commissaires hurlent à gauche, culpabilisent au centre-droit. Et votent finalement tous les crédits requis.

    Les députés se plaignent chaque année que le Conseil d’Etat ne prend pas la peine de venir négocier avec eux : rien de plus normal, toutes les dépenses proposées par l’exécutif sont facilement votées par la majorité du Grand Conseil. Sans demande de garantie et sans aucun contrôle a posteriori.

    Le parlement est clairement responsable de ce fiasco : il est le financier (avec l’argent du contribuable) de cette usine à gaz étatique. Il n’exerce plus son principal rôle : celui de fixer quelques exigences budgétaires à un gouvernement qui dépense beaucoup trop pour masquer son incapacité de gestion.

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  • La CPEG appartient à ses affiliés

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    « Firmenich nous a vendu sa parcelle au PAV pour 75 millions ». Antonio Hodgers, Conseiller d’État, RTS, Forum, le dimanche 10 juin 2018.

    Dans les faits, c’est la Caisse de pension de l’État (CPEG) qui a acheté cette parcelle. En aucun cas l’État. Cela n’est pas un lapsus; cette déclaration s'inscrit en effet dans la droite ligne d'autres propos de l'exécutif cantonal allant dans le même sens. Il dénote à mon sens un mélange des genres, au moins dans l'esprit, assez scandaleux.

    La Caisse de pension de l’Etat est aujourd’hui, de facto, utilisée abusivement par le Conseil d’État comme un outils de planification immobilière, dans l'intérêt de l’État, pour obtenir des locaux à des conditions financières favorables, par exemple.

    Si l’on peut éventuellement comprendre cette volonté politique du Conseil d’État, le silence complice des organes de la CPEG est en revanche incompréhensible et très inquiétant. Lesdits organes démontrent une totale absence d’indépendance du Conseil d’État, alors que leur rôle est d’assurer à la Caisse le meilleur rendement possible, dans le seul intérêt de ses 73'000 affiliés.

    Le comité de la CPEG ferait bien de se réveiller et de faire toute la lumière sur cette affaire, car ils engagent à mon sens leur responsabilité s'il était avéré que l'intérêt de l’État avait primé celui de ses affiliés.

    Si j'étais l'un deux, alors que l'on s’apprête à annoncer des baisses significatives de prestations, je demanderais des comptes à mes représentants sur cette opération immobilière, qui semble en annoncer d'autres. Je goûterais en effet assez peu qu'il soit envisagé une réduction significative de mes prestations si, dans le même temps, mes cotisations servent à assurer à l’État - et à quiconque d'autre, d'ailleurs - des conditions de location privilégiées.

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