L’urgence et l’ignorance ne suffisent plus à fonder l’action de nos autorités

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Lorsqu’en mars dernier, Confédération et Cantons ont imposé des mesures sévères et dommageables, même si certaines se sont révélées peu appropriées ou excessives, la population s’est montrée compréhensive et disciplinée. Les citoyens suisses ont témoigné de la confiance, de la discipline, de la solidarité et de la compréhension ; ils ont très vite compris le caractère exceptionnel de la situation. Les suisses n’ont pas seulement eu peur de mourir, ils ont été déstabilisés par les conséquences possibles mais inconnues et imprévisibles de la pandémie annoncée. Les autorités n’ont eu aucune peine à imposer un principe de précaution. Dans l’urgence, il fallait éviter, coûte que coûte, que les hôpitaux soient débordés et que les gens meurent. L’intérêt public prépondérant était reconnu.

Des mesures prises en mars, il en reste encore beaucoup : distance sociale, lavage fréquent des mains ou, par exemple, restrictions importantes imposées à certains acteurs économiques comme l’hôtellerie, la restauration, la vie en EMS ou le transport aérien. Certaines ont disparu et d’autres, comme le port systématique du masque ou la mise en quarantaine, se sont ajoutées.

Mais ce qui frappe maintenant, c’est le changement de comportement des citoyens. A la confiance, succède la méfiance, à la discipline, l’indiscipline, à la solidarité, l’individualisme et à la compréhension, l’incompréhension. Je suis assez surpris de voir que les autorités et les médias n’essaient pas de mieux comprendre les raisons du récent manque d’adhésion de la population laquelle se traduit par une désobéissance civile importante. Là où le contrôle est facile et les sanctions impitoyables, le citoyen ou l’entreprise n’a pas le choix. Si le port du masque n’est pas imposé dans un commerce, celui-ci sera immédiatement fermé. Mais s’il est question de prendre le soleil à Baby plage … la bienveillance des autorités est la règle.

Je n’ai que peu de compétence pour juger de la pertinence de toutes les mesures prises, comme, par exemple, celle du port du masque en extérieur. Je suis contraint de me fier aux dires d’experts, parfois choisis pour le message à faire passer, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne sont pas unanimes. Je ne comprends d’ailleurs pas ce qui permet de distinguer l’expert du simple scientifique. De même, il m’apparaît difficile de trancher entre les épidémiologistes qui annoncent l’imminence d’une deuxième vague et ceux qui prétendent que le virus mute progressivement et que notre système immunitaire est en train de s’adapter.

En revanche, comme citoyen, je suis en droit de demander à mes autorités un peu plus de clarté quant à l’intérêt public actuellement déterminant et à la base des mesures prises. Cette question est d’ailleurs la seule qui relève de la compétence exclusive des autorités politiques. L’objectif est-il toujours de limiter la mortalité ? Est-ce toujours la surcharge des hôpitaux qui préoccupe ? Voulons-nous simplement empêcher ou contenir la circulation du virus ? Dans l’affirmative, avons-nous abandonné l’idée d’une immunité collective ?

La définition précise de l’intérêt public recherché et sa communication sont essentielles. A défaut la population ne peut pas saisir le sens des restrictions qui lui sont imposées et il lui sera impossible de les respecter dans la durée. Cet exercice pourrait également être utile pour les autorités elles-mêmes car il ne semble pas certain que, le nez dans le guidon, elles discernent vraiment ce qu’elles recherchent actuellement, en multipliant les interdictions pas toujours compréhensibles et les exigences envers la population et les entreprises ; seule la fonction publique, semble épargnée. Si nos autorités se montrent promptes à fustiger les quelques commerçants ou artisans récalcitrants aux mesures sanitaires, quel flot d’excuses peu convaincantes pour justifier la gabegie, encore actuelle, de certains services de l’État.

Si l’objectif est de limiter la mortalité, il va probablement falloir prendre des mesures mieux ciblées pour protéger prioritairement les personnes à risques : les malades, les obèses et les personnes âgées, notamment. Nous savons désormais que le risque de décès est quasiment nul pour les autres. En outre, il conviendrait d’expliquer pourquoi l’État veut prioritairement limiter les décès liés à la COVID-19, effort fait parfois au détriment des autres pathologies toutes aussi mortifères.

Si l’intérêt public réside dans la maîtrise de la capacité sanitaire, il est nécessaire d’expliquer à la population comment L’État gère la croissance des hospitalisations en lien avec la croissance des cas détectés. Le taux d’hospitalisation est, en moyenne, dix fois plus faibles chez les jeunes. Aussi, il semble indispensable de communiquer le nombre de cas par classe d’âge et d’indiquer précisément à partir de quel nombre de patients hospitalisés, la capacité sanitaire du pays est mise à mal. Les citoyens ont montré qu’ils sont intelligents et responsables : ils sont capables d’accepter certaines contraintes si celles-ci ont du sens.

Si l’objectif est de limiter la circulation du virus, indépendamment de la mortalité qu’il engendre et du risque de surcharge du système de soin, il faut en donner les raisons. N’est-il pas, au contraire, favorable d’augmenter le taux d’immunité collective au sein de la population qui ne présente statistiquement que peu de risques ? L’immunité des jeunes adultes ne permettrait-elle pas de contribuer à réduire, à terme, la propagation du virus auprès de personnes plus vulnérables ? Je n’ai pas les réponses à ces questions. Je peux également entendre que les réponses de la science sont encore incertaines et que les experts sont divisés. En revanche, je suis en droit de savoir quel est l’objectif recherché par nos autorités quand elles nous imposent des restrictions extrêmement importantes, qu’elles condamnent à la faillite certaines entreprises, qu’elles génèrent un accroissement du chômage et qu’elles produisent de nouvelles situations sociales très compliquées.

Nous allons devoir gérer le coronavirus pendant des années. Si personne ne sait quelle va être l’évolution exacte du virus, nous avons le droit de savoir quels critères vont induire quelles mesures.

L’État ne peut plus se contenter de réactions prises en urgence. Les autorités doivent dorénavant convaincre du bien-fondé de leurs décisions, lesquelles s’inscrivent durablement dans le paysage sanitaire, social et économique du pays. Cela passe par une explication tant de l’intérêt public recherché que de la proportionnalité et de l’adéquation des mesures imposées à la situation. L’approximation des premières heures (par exemple la fermeture générale des chantiers et des services publics) qui pouvait se justifier par une situation inédite, aujourd’hui ne passe plus.

Les présentes lignes n’ont pas pour but de critiquer les mesures prises, ni d’ailleurs de les soutenir. Elles n’ont pas pour but non plus de prendre position sur les avis scientifiques divergents étalés dans la presse.

J’aimerais toutefois comprendre : que recherche-t-on aujourd’hui ? Fort de cette réponse, je pourrai peut-être me faire un avis éclairé. Avant, cela m’apparaît difficile.

 

Lien permanent 17 commentaires

Commentaires

  • Cher Cyril,
    Je suis 100% d'accord avec toi.
    Le critère du nombre de cas ne peut pas, au surplus, continuer de justifier des mesures prises en urgence par l'Exécutif : nous testons beaucoup plus, différemment, pas les mêmes personnes et pas au même stade de la maladie. Les critères comparables sont le nombre de décès et d'hospitalisations. Or ceux-ci sont au plus bas depuis des mois. Sauf qu'on ne nous parle pourtant que des nouveaux cas...

  • Votre approche, de type libéral , est justifiée et mérite de servir de principe au débat que les autorités font en sorte, par intérêt, d'éviter. Pour moi, j'affiche une résistance plus forte: les mesures actuelles détruisent l'économie, et plus grave, la culture, notre culture, laquelle est au fondement de l'économie. En regard des statistiques de la mortalité, cette politique virale apparaît à l'évidence comme une mainmise idéologique sur le destin de notre société.

  • Monsieur Aellen, je vous remercie pour ce billet qui suggère beaucoup plus qu'il n'évoque avec un langage poli les dérives autoritaires des exécutifs.
    En revanche, ces innombrables questions que tout le monde se pose, il me semble qu'à votre titre de député il est de votre devoir de les obtenir et de nous les fournir par des interpellations urgentes.
    Or vous êtes le premier que je lis à ce sujet. J'ai le sentiment que le parlement a renoncé à faire son travail et de vérifier si ces mesures et les causes sont justifiées et adaptées.
    Le conseil d'Etat devrait crouler sous les demandes de clarification à tous les niveaux, des incohérences dans les messages contradictoires aux conséquences économiques et aux sanctions. Je n'en ai vu aucune passer, juste cet aveu ici, sur votre blog de votre ignorance qui cache mal un soupçon de fiasco aux conséquences dévastatrices dont personne ne semble assumer les responsabilités.
    Vous avez été élus pour nous représenter. Alors de grâce faites votre travail en posant ces questions à qui de droit.
    J'espère sincèrement que le parlement fédéral va refuser le projet de loi du CF qui vise non seulement à prolonger indéfiniment l'état d'urgence mais qui en sus tente d'exonérer les élus de leurs responsabilités.
    C'est non seulement inacceptable mais c'est en outre dévastateur pour la confiance dans les institutions. Il ne manquerait plus qu'une obligation générale de vaccination pour déclencher un conflit planétaire. Les députés portent la responsabilité d'un potentiel bain de sang lorsque la population comprendra à quel point la réponse des autorités était inadéquate et la fuite en avant catastrophique.
    Il est encore temps de faire votre mea culpa et de permettre aux autorités de revoir leur copie lorsqu'elles répondront à vos questions. A défaut, la justice sera saisie avec des commissions extra-parlementaires comme celles qui se mettent en place en Allemagne et en Autriche. Les dégâts d'image seront si conséquents que l'anarchie risque bien de prendre le relai.
    J'espère que vous mesurez votre responsabilité et que vous n'en resterez pas là à nous exposer l'étendue de votre ignorance sur ce sujet mais que vous exigerez bien des réponses circonstanciées assumées des autorités qui nous imposent ces mesures.

  • pertinent

  • Effectivement, les législatifs ont capitulés. Quelles lois, revêtues de la clause d'urgence, ont-ils de leur propre chef adoptées ? Aucune.

    Que dire du citoyen, de celui qui est mécontent bien entendu. A-t'il saisi la justice d'un recours contre le dernier des arrêtés portant une décision générale de l'exécutif cantonal ?

  • Merci Monsieur le député pour ces mots qui font du bien alors que nous nous sentons incompris et trahis par nos gouvernants. Nous espérons que vous défendrez votre point de vue devant le Grand Conseil et le Conseil d'Etat. Au fur et à mesure que l'épidémie disparaît, les mesures prises pour la contrer deviennent de plus en plus absurdes et de plus en plus autoritaires. Je vous en signale deux qui ne vous auront certainement pas échappé: obliger des gens en bonne santé à porter un masque pendant plus de 8 d'heures d'affilée portera certainement atteinte à leur santé, obliger des enfants à intégrer de nouvelles règles à l'école dont l'interdiction des parents dans la cour et la distance avec leurs camarades est inhumain et relève tout simplement de la maltraitance. Ce n'est pas l'avenir que je souhaite pour mon pays, pour mon canton. Nous sommes nombreux à compter sur vous!

  • Merci pour cet humble avis. L’humilité semble en effet ce qui manque le plus à tous ceux qui nous expliquent le comment et le pourquoi de cette pandémie.

    C’est vite vu, il y a désormais presque autant d’avis différents que de citoyens et non seulement on entend tout et son contraire mais certaines compréhensions du problème sont même délirantes (ou pas ??).

    Je n’entrerais donc pas à mon tour dans ce débat qui d’ailleurs n’en est même pas un, puisque visiblement personne n’est intéressé à prendre en compte l’avis de ceux qui pensent différemment.

    Par contre au niveau des autorités politiques, on peut comprendre leur besoin de faire dans la précaution, la prévention et même l’interdiction.

    Probablement, qu’ils en font trop mais si les politiques lâchaient soudainement l’affaire que diraient-on dans quelques mois si tout à coup, à cause de ce relâchement, le nombre de cas et donc de morts augmentaient de manière dramatique ?

    Dans un monde où c’est de plus en plus les réseaux sociaux et donc l’opinion publique qui influencent les décisions politiques, il apparait nettement préférable de se voir reprocher d’en faire trop que pas assez.

  • @ Diego : vous avez tout à fait raison, il est toujours plus facile de prétendre que les autorités en font trop ...

  • Excellent billet trės bien rédigé.

    La notion d'interet public et de proportionnalité sont traditionnellement contrôles par le juge constitutionnel. Je suis surpris que presque 6 mois apres l'adoption de ces mesures, une Haute juridiction cantonale ou le Tribunal federal ne se soit pas encore a ma connaissance prononcée en urgence sur ces questions.

    Si qqn en sait plus sur ce sujet je le remercie de m'eclairer.

  • L'intérêt public est déterminé par le législateur et le constituant. Il n'appartient pas au Conseil fédéral ou au Conseil d'Etat du canton de le fixer.

    La loi fédérale sur les épidémies en défini quatre, dont l'un est la lutte contre la propagation des épidémies. Ainsi ce seul but déclaré d'intérêt public est de nature à justifier des restrictions aux libertés publiques.

    Un autre but déclaré d'intérêt public est la protection de la santé et de la vie.

    Lorque ces deux buts sont en contradiction, la protection de la vie doit l'emporter au vu de sa nature constitutionnelle (droit à la vie).

    Et c'est là un problème dont il faut prendre conscience car certaines mesures sont propres à entraver la fonction productive. Et comme l'on ne peut pas consommer ce que l'on ne produit pas la misère croît et la mortalité augmente.

    Aussi, diminuer la propagation de l'épidémie est admissible que pour autant que cela ne tue pas plus que cela ne sauve de vie.

    Si, par exemple, on restreignait l'afflux de frontalier au niveau de ce qu'était l'étiage minimum de ce printemps, on étoufferait la fonction productive genevoise et augmenterait la misère. Il s'ensuivrait plus de misère et de morts. Cela pour rien, puisque le taux de circulation du virus est à Genève plus elevé qu'il ne l'est en France, en général, ou dans la régions frontalière.

    La philosophie de ce qui précède est que le contrôle de la circulation du virus est un moyen, pas un but en soi. Il est aussi au service de la vie, que cela soit directement ou indirectement.

    Une explosion du taux de contamination, par exemple, est, per se, indirectement mortifère puisque de nature à entraver la fonction productrice exportatrice du canton de Genève en limitant le trafic des personnes, biens et services. Il ne me semble donc pas judicieux de le laisser filer au risque de figurer sur moult listes rouges étrangères. Certes, plus ou moins bien inspirée mais qui, pour nous, sont des faits imposés.

    Une question claire, posée à vous même et à vos intervenants, combien de morts directes attribuables à la covid-19 êtes vous prêt à tolérer ? La question n'est pas de savoir combien il y en aura ! Vous pouvez toujours fixer un taux par cent mille sur 14 jours, c'est le standard CDC Europe. Ce qui permet de faire des comparaisons. Cela permettra alors de concrétiser l'exigence de sauvegarde de la vie posée par le législateur fédéral comme étant un but d'intérêt public.

  • Peu de réponse sur la mortalité admissible.

    La grippe saisonnière provoque entre 400 et 2'500 morts par année au cours les années dites ordinaires.

  • Rassurez vous nous ne nous relèveront pas de cette pandémie, mais je ne parle pas de la santé mais bien de l'économie, les pays nordiques montre bien qu'il y a des excès partout dans nos pays! On fait dire ce que l'on veut aux statistiques et au pire on réécrit les rapports, ça ne pose aucun problème a nos gouvernements qui ont tous déjà versés des millions pour les futurs vaccins! Il y a 1'500'000 mots de tuberculose dans le monde tous les ans et nos pays sont aujourd'hui très touché par cette maladie, qui en parle??? En 23018 en France il y a eu près de 612'000 morts, soit près de 1700 morts par jour, qui en a parlé???

  • Article très bien écrit. Les mesures prises dans l'urgence ne se justifient plus, la connaissance du virus a évolué. Le virus n'est pas moins dangereux, il ne touche pas plus les jeunes. Il y a eu un sous diagnostic des cas chez les jeunes en mars/avril (pas de frottis car pas à risque, même si toux et fièvre, compréhensible vu le manque de matériel/réactifs, du coup tests réservés seulement si pertinent médicalement) et un surdiagnostic actuel (on frotte a tout va y compris des asymptomatiques, ce qui n'a aucune pertinence clinique mais seulement épidémiologique).
    Si on faisait des PCR pour la grippe en été on dirait aussi qu'il y a plein de cas, simplement le virus circule à un niveau bas, donc forcément au prorata peu de cas graves également. Il y aura forcément une recrudescence du covid à l'automne, et une recrudescence des hospitalisations et décès. C'est inévitable.
    Je suis médecin, et je suis anticonfinement, pour autant que le système de santé, au prix d'adaptations, puisse prendre en charge tous les cas qui le nécessitent. Genève a eu un des taux de contaminations les plus élevés au monde, et malgré cela le système a tenu. J'ai beaucoup travaillé, côtoyé des dizaines de patients covid + avec des protections de base (patient masqué, soignant masqué), et j'ai en fait simplement fait mon travail.
    A un moment je me suis dit qu'il fallait arrêter d'écouter les recommandations toujours plus alarmistes de certains collègues et revenir au bon sens. Certains d'entre eux ne voient que leur propre spécialité et voyant la situation par un point de vue unique et ignorent l'enjeu sociétal majeur et la précarisation d'une grande frange de la population. Il faut arrêter avec ça. Si on écoutait certains cardiologues on mettrait des statines dans l'eau du robinet. Forcément ce serait efficace, on diminuerait la mortalité cardiovasculaire. Mais à quel prix.

  • "Je suis médecin, et je suis anticonfinement, pour autant que le système de santé, au prix d'adaptations, puisse prendre en charge tous les cas qui le nécessitent."

    A votre avis combien de lit hospitaliers, soins continus, intensifs sont compatibles avec ce maintient du système de santé ?
    Comme suit-on en scanner spiralé ?
    Comment suit-on en médecine de ville. Des contrôles sont nécessaires même s'il n'y a pas d'hosp. Coagulation, fonctions rénale, pulmo...et je ne sais quoi encore. Jusqu'où la médecine de ville peut-elle suivre ?

    140 lits de soins intensifs avaient été équipés et staffés. Mais je pense que c'est trop demander au personnel et que cela désorganise l'hôpital. Les anasthésistes doivent rester en salle et leurs système de respiration aussi.

  • "A votre avis combien de lit hospitaliers, soins continus, intensifs sont compatibles avec ce maintient du système de santé ?"
    -> c'était une grande inconnue au départ, d'où justement les décisions d'urgence et la pertinence de l'article de blog ci dessous, les données d'Italie et du Tessin semblaient alarmantes, et il était juste de s'alarmer en limitant les actes médicaux au strict nécessaire. Mais ça a juste duré trop longtemps, l'activité ambulatoire de ville aurait pu et aurait dû recommencer plus tôt.
    "Comme suit-on en scanner spiralé ?"
    le rôle du scanner a été largement surévalué, il n'a un intérêt que pour la recherche de complications (embolie pulmonaire notamment). Un scanner normal n'exclut en aucun cas une infection COVID, un scanner positif (infiltrat en verre dépoli) est assez spécifique mais ne change pas la prise en charge (pas de traitement préventif ou curatif), tout au plus permet-il de stratifier le risque de mauvaise évolution si un certain % du poumon est atteint. On le reverra plus rapidement ou on l'hospitalisera si on voit que ça commence à aller moins bien avec un trend défavorable. Mais un bon suivi clinique, si nécessaire quotidien, le permet aussi.
    "Comment suit-on en médecine de ville. Des contrôles sont nécessaires même s'il n'y a pas d'hosp. Coagulation, fonctions rénale, pulmo...et je ne sais quoi encore. Jusqu'où la médecine de ville peut-elle suivre"
    Justement, c'est là où il y a eu un énorme fail, et probablement ce qui a abouti à une grande surmortalité chez certains de nos voisins. Par choix ou par décision des autorités (ne faire que les actes urgents) les généralistes se sont retrouvés avec à peine 10% de leur activité habituelle, alors qu'avec de l'organisation les grands centres ambulatoires présents dans le canton auraient pu (et ont pu pour certains) assurer un suivi ambulatoire de qualité, tant qu'il n'y avait pas de critères d'hospitalisation (critères très clairs par ailleurs, mais encore faut-il voir et examiner le patient, la téléconsultation ne permet pas tout). Le fait d'être dans un centre est certes un atout car il y a un plateau technique si nécessaire, mais beaucoup de bons internistes installés se sont retrouvés malgré eux quasiment au chomage car même les patients qui avaient besoin de suivi pour autre chose avaient peur de venir.

  • Cyril, je suis d'accord avec toi du début à la fin.....
    Pose tes questions au CE..... cela fait plus d'un mois que je l'ai questionné dans le même état d'esprit sans o tenir la moindre réponse excepté des insultes.
    Les citoyens ne peuvent plus pas être traités comme des enfants à qui les parents imposeraient des règles, accompagnées de sanctions sans leur avoir donné la moindre explication sur la motivation des interdits.

    Ton texte est bourré de bon sens et d'observations que je désespérais de trouver un jour sous la plume d'un député genevois.

    Merci de rendre publiques les réponses que le CE devrait être en mesure de te communiquer.

    Amitiés

    JEFG

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