Un État plus agile. Un État plus solidaire. Un État plus réactif. (07/02/2021)

La Tribune de Genève publiait en une de son édition du 6 février 2021 :

« EMS : moins de résidents, plus de licenciements.  »

Dire que j’ai été surpris par un tel titre, par une telle vision, relève de l’euphémisme. J’ai donc fait part de ma surprise sur un réseau social bien connu.

Mes propos avaient la teneur suivante :

"Un État plus agile. Un État plus solidaire. Un État plus réactif.

Je fais une proposition simple et facile à mettre en œuvre.

La presse nous relate l’une des conséquences provisoires de la crise sanitaire actuelle : le personnel des EMS est sous-occupé alors qu’en revanche, le personnel chargé de l’aide à domicile est débordé.

Au lieu de licencier les premiers et de surcharger les seconds, je propose que, pour une période donnée, certains employés d’EMS puissent venir soulager ceux qui travaillent sans relâche, par exemple, à l’Imad."

Sur interpellation d’un internaute, Nicolas Walder, Conseiller national du parti Les Verts, mais surtout Président de la Fédération genevoise des établissements médicaux-sociaux (Fegems) m’a aimablement répondu ce qui suit :

« Cher Cyril,
C’est une idée intéressante que nous avions aussi abordé au sein de la fédération, mais qui n’est malheureusement pas si simple. D’abord parce que les métiers et donc les compétences ne sont pas forcément identiques entre les soins à domiciles et les EMS. Aussi parce que, les EMS étant des lieux de vie, de nombreuses fonctions ne concernent pas le secteur des soins, et donc pas transférables à l’IMAD.
Enfin parce que cela ne pourra se faire que sur base volontaire et avec une coordination au niveau du réseau de soins.
Mais notre idée est bien de pouvoir discuter avec le département de ce type de collaborations. »

Je le remercie infiniment de sa réponse. Elle illustre toutefois, pour ma part, la nécessité d’un État plus agile, d’un État plus solidaire et d’un Etat plus réactif.

J’aurais en effet aimé une réponse plus engageante. J’ai essayé de l’imaginer. En fait, j’aimerais qu’elle ait pu être celle-ci:

"Cher Cyril,

C’est une idée intéressante que nous avons déjà abordé au sein de la fédération. Même si sa mise en œuvre implique de dépasser certaines entraves administratives, nous avons décidé d’agir immédiatement en ce sens. L’Imad nous a déjà fait part de son intérêt et nous a assuré de sa parfaite collaboration.

Les métiers ne sont pas toujours identiques pour les soins à domiciles et au sein des EMS, mais nous avons aussi l’avantage de disposer d’un personnel compétent et qualifié. Les EMS sont des lieux de vie mais plusieurs fonctions concernent aussi le secteur des soins. De nombreux collaborateurs pourraient être immédiatement utiles à l’Imad, mais d’autres doivent suivre une formation complémentaire.

Sur ce dernier point, nous avons déjà obtenu l’aide conjointe et coordonnée du Département de l’instruction publique, du Département de la cohésion sociale et du Département de la sécurité, de l'emploi et de la santé. Des formations ad hoc seront mises en place à bref délai.

Comme tu le sais, cette collaboration ne peut se faire que sur une base volontaire mais cela n’est concrètement pas un obstacle : les volontaires sont déjà très nombreux. Ils aiment leur métier et ont à cœur d’apporter aide, soins et soutien aux seniors de notre Canton. Ils savent, de surcroît, que cette expérience nouvelle leur sera profitable et qu’ils pourront la valoriser tout au long de leur carrière professionnelle.

Il convient de souligner que cette collaboration a pu être mise en œuvre rapidement. Les directions des EMS et de l’Imad ont pris leurs responsabilités avec la pleine confiance des autorités politiques. Les employés concernés sont contents d’être ainsi reconnus comme des acteurs indispensables de la lutte contre la Covid-19.

Enfin, j’ajoute qu’il n’a pas été nécessaire de multiplier les discussions avec les départements compétents ou de créer les habituels groupes de travail pour étudier la question et mettre en évidence les difficultés de l’opération.

Très cordialement,

Nicolas

PS. Je compte sur toi pour convaincre ton groupe de voter le crédit complémentaire nécessité par la mise en place de la formation ad hoc susmentionnée. Tu peux d’ores et déjà compter sur moi pour démontrer au parlement que celle-ci contribuera à la bonne gestion de nos EMS. Je te donnerai des chiffres précis sur les conséquences positives d’avoir un personnel bien formé et valorisé, notamment en matière d’absentéisme, lors du prochain contrat de prestation."

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