17.10.2011
Avec la droite ou avec la gauche ?
Le vrai bouleversement du paysage politique aura lieu le 14 décembre 2011, date du renouvellement intégral du Conseil fédéral. En cette période de campagne, les directions des différents partis évitent le sujet avec une certaine habileté et une complaisance certaine des médias.
En effet, même pour les plus méfiants, les sondages ne laissent que peu de place au doute : l'UDC enregistrera un incontestable succès électoral le soir du 23 octobre. Amputée d'une partie de ses membres et de ses élus, partis fonder le PBD, l'UDC rassemblera autant, voire plus, d'électeurs qu'en 2007.
Comme le PS, qui aura su rassembler son électorat, l'UDC devrait avoir à nouveau deux sièges au Conseil fédéral. Aussi, pour la troisième fois consécutive, fait inconnu avant 2003, le PLR et le PDC ne seront plus majoritaires au Conseil fédéral.
Toutefois, en 2003, l'élection de Christoph Blocher et l'éviction de Ruth Metzler avaient constitué un tel choc que notre gouvernement avait fonctionné sans réelle majorité pendant quatre ans.
En 2007, l'élection d'Evelyn Widmer-Schlumpf, immédiatement exclue de son parti, a créé une nouvelle majorité de centre-droit. Celle-ci, artificielle et bancale, n'a toutefois pas vocation à durer.
En 2011, séparément ou ensemble, le PLR et le PDC auront donc vraisemblablement à choisir de gouverner avec l'UDC ou avec le PS. Avec la droite ou avec la gauche. Une majorité du centre-droit semble désormais illusoire.
Nombreux sont ceux qui au sein du PLR se seront battus pour nier cette réalité. Ils agissent ainsi par pur calcul électoral. Ils modèrent ainsi leurs propos et, souvent sans s'en rendre compte, contribuent à l'affaiblissement du parti. Leurs positions timorées et ambigües ne suscitent plus aucun enthousiasme.
Ils ont tort car le PLR peut rassembler lorsqu'il sait exposer avec clarté ses convictions et sa conception de l'Etat. La situation économique et sociale de notre pays constituait une occasion idéale pour le PLR de mener une campagne agressive et innovante. Peu de candidats ou de responsables politiques ont su défendre les accords bilatéraux par attachement aux valeurs de notre démocratie directe. Rares sont ceux qui se sont exprimés sur la nécessité de baisser les impôts des classes moyennes pour renforcer le pouvoir d'achat d'un grand nombre de nos concitoyens. Pourquoi a-t-on laissé à l'UDC le soin de défendre, avec des méthodes contestables, la nécessité d'une immigration choisie ? Pourquoi avons-nous toléré, sans vives réactions, les attaques frontales du PS à l'encontre de ceux qui créent de nombreux emplois dans notre pays ?
Sur ces sujets et sur d'autres, le PLR aura à choisir de gouverner avec l'UDC ou avec le PS. Avec la droite ou avec la gauche.
Cyril Aellen
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