La réforme fiscale et le financement de l'AVS (RFFA): peut-être pas parfaite, mais indispensable.

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Je n’étais a priori pas certain que l’organisation d’une conférence de presse en faveur de la réforme fiscale et le financement de l'AVS (RFFA) dans les locaux de la Fondation Partage était une bonne idée.


A la forme, il apparaissait pourtant essentiel de rappeler que la RFFA n’est pas soutenue par les seuls milieux économiques mais par une large majorité politique de droite, de gauche et du centre. Elle n’est combattue, à droite comme à gauche, que par les plus extrémistes: ceux avec lesquels les compromis ne sont que rarement possibles.


Il était important de rappeler que la réforme soumise à votation populaire comporte non seulement un volet fiscal, mais aussi des compensations sociales appréciables: un financement additionnel en faveur de l'AVS de plus de 2 milliards de francs par année, sur un plan fédéral, et une augmentation massive (186 millions par an) des subsides d’assurance maladie en faveur de la classe moyenne, sur un plan cantonal. Un paquet ficelé disparate et pas toujours compréhensible, mais une bonne solution illustrant parfaitement la complexité des compromis possibles avec le système politique suisse.


Contrairement à ce que prétendent certains opposants, l'objectif principal de cette réforme n’est pas de réduire l'impôt sur le bénéfice des personnes morales ni d'assécher les finances publiques. Au contraire. En raison de la pression politique mise par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le volet fiscal de cette réforme vise à supprimer les privilèges fiscaux accordés à certaines grandes entreprises internationales et, de ce fait, à harmoniser la fiscalité des différentes entreprises sises sur notre territoire. Sur un plan fiscal, la RFFA instaura une saine égalité entre les différentes entreprises du pays. A cela s’ajoute que si la RFFA est refusée à Genève et que le projet est accepté au niveau suisse, nous assisterons certainement à un exode non seulement de très nombreuses multinationales à statut mais aussi d’entreprises ordinaires.


Cela étant précisé, les critiques injustes et acerbes dont la fondation Partage est l’objet, en raison de l’organisation ce de cette conférence de presse, sont également l’occasion de rappeler quelques éléments. La solidarité est d'abord le fruit d’un engagement individuel volontaire. Il s’agit avant tout d’une démarche personnelle qui s’exprime régulièrement au sein d’un groupe constitué, avec un but idéal. De nombreuses associations ou fondations témoignent de la forte solidarité des citoyens de notre Canton. La générosité et la coopération ne sont pas l’apanage de l’Etat, malgré la part redistributive de l’impôt. Au contraire, le lien social d'engagement personnel lié à la solidarité individuelle font défaut à l’Etat social.


C’est ainsi que la fondation Partage, banque alimentaire genevoise, vit d’abord de l’engagement de ses 655 bénévoles ainsi que de ses partenaires alimentaires et commerces (57% des denrées alimentaires) et de la générosité des genevois lors des Samedi du Partage (26% des denrées alimentaires). Sur un plan financier, les recettes de la fondation Partage sont assurées à 54% par dons privés, les subventions étatiques (hors EdS) ne représentant que 14% des produits.


Ce qui vaut sur un plan social vaut également sur un plan culturel : que seraient l’Orchestre de la Suisse Romande, le Grand Théâtre ou le MAMCO sans ses généreux mécènes ?


C’était finalement très opportun d’organiser cette conférence de presse au sein des locaux de la Fondation Partage. Elle a été l’occasion de rappeler non seulement l’importance de la RFFA, mais aussi de mettre en évidence une partie méconnue du tissu social de notre Canton.

Lien permanent 1 commentaire

Commentaires

  • Bonour,
    Désolé, mais je ne vois pas ce qu'il y a d'indispensable à cette RFFA. Ne voulant pas que Genève, pardon Geneva, se mue en New York ou L.A., et ne me laissant pas piéger par le susucre sournois et tordu de l'AVS, je glisserai dans l'urne un non bien senti!
    Cordialement, Jacques Louis Davier

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