Le Conseil d'Etat dépense les budgets que le parlement lui alloue.

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Le meilleur moyen de contrôler les dépenses effectuées par le gouvernement (et pas seulement celles liées à ses frais de représentation) c’est d’éviter de lui donner, par avance, les moyens de les faire. Il faut l’amener à justifier ses dépenses, avant que celles-ci soient effectuées.

Or depuis bientôt 6 ans que je siège au Grand Conseil, dont 5 ans à la commission des finances, j’observe que le parlement accorde systématiquement au Conseil d’État les budgets que ce dernier demande. Parfois même, il lui alloue, sans réelle raison, plus de moyens que ceux qui lui sont demandés. Cela sans aucune exigence particulière. Tous les reports de crédits sont votés, sans aucun suivi ni contrôle. Les demandes de dépassement de crédit sont votées, en règle générale, sur simple demande du magistrat concerné, en l’espace de quelques minutes.

Le résultat est flagrant : les dépenses de l’État augmentent : beaucoup plus vite que l’inflation et beaucoup plus vite que la croissance démographique.

Depuis que je siège au Grand Conseil, le nombre de fonctionnaires a augmenté de plus de 1000 personnes par an.

A cela s’ajoute, dans un silence médiatique assez assourdissant, que le nombre de fonctionnaires (ou retraités de la fonction publique) au Grand Conseil est si grand qu’ils sont bientôt devenus majoritaires. Comment peuvent-ils décemment et loyalement soutenir une réduction des dépenses ... voulues par leur employeur ?

Le PLR s’oppose à cette politique mais est, depuis toutes ces années, systématiquement minorisé.

Il faut toutefois relever que l’argent coule à flots constants dans les caisses de notre République. D’abord parce que l’économie va plutôt bien, mais aussi parce que l’État justifie sans cesse des prélèvements supplémentaires. Je ne serais pas surpris que le Conseil d’État présente, à la fin du mois, des comptes largement excédentaires.

Et je ne serais pas surpris qu’immédiatement, le parlement propose de nouvelles dépenses.

Et bien, Mesdames et Messieurs les députés, si vous n’avez cesse de donner à votre gouvernement des moyens considérables, sans réel contrôle en amont, comment pouvez-vous vous plaindre que le Conseil d’État les dépense ? Sans compter.

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