17/10/2018

C’est le moment de réagir !

Le rapport de la Cour des Comptes sur la gestion du secteur juridique du service de police du commerce et de la lutte contre le travail au noir (PCTN) est accablant. Mais si révélateur.

Citoyens de ce Canton : lisez-le ! La plupart de vos députés s’en accommoderont si vous ne réagissez pas !

Depuis 5 ans que je siège à la commission des finances, j’assiste au même défilé : celui des Conseillers d’Etat qui viennent expliquer qu’il faut augmenter les dépenses et, surtout, les effectifs ! Il débute au mois de septembre et dure jusqu’au mois de décembre. Chaque mercredi après-midi, à huis-clos.

Il n’y a qu’un seul discours, bien rodé. Toutes les dépenses supplémentaires (informatiques, ...) sont présentées comme des gains d’efficience. Les dépenses sont toutes votées ... mais aucun des gains d’efficience annoncés n’est réalisé !

On assiste chaque semaine au même chantage : le Conseil d’Etat brandit la menace d’une baisse de prestation à chaque économie demandée. Les commissaires hurlent à gauche, culpabilisent au centre-droit. Et votent finalement tous les crédits requis.

Les députés se plaignent chaque année que le Conseil d’Etat ne prend pas la peine de venir négocier avec eux : rien de plus normal, toutes les dépenses proposées par l’exécutif sont facilement votées par la majorité du Grand Conseil. Sans demande de garantie et sans aucun contrôle a posteriori.

Le parlement est clairement responsable de ce fiasco : il est le financier (avec l’argent du contribuable) de cette usine à gaz étatique. Il n’exerce plus son principal rôle : celui de fixer quelques exigences budgétaires à un gouvernement qui dépense beaucoup trop pour masquer son incapacité de gestion.

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Commentaires

Excellent article qui révèle malheureusement une petite partie de la vérité. Difficile d'admettre qu'un nombre aussi important d'incompétents réussissent à se faire élire pour soit disant le bien du canton et de ses citoyens. Quelle tristesse.

Écrit par : Citoyen fâché | 17/10/2018

Pensez-vous que seul Genève bat de charmant record de réclamer encore et toujours ... ?

Moi pas !

Écrit par : M.A. | 17/10/2018

Entre la visite Maudite chez les Cheiks-Chèques Emiratis et l incompétence citée ci-dessus, on se croirait au Régime de bananes. Cela veut dire qu on est dans une République bananière où ceux d en haut en mangent et nous, nous glissons sur les peaux de bananes qu ils nous balancent , non?

Bien à Vous.
Charles 05

Écrit par : Charles 05 | 17/10/2018

C'est vrai mais un peu facile de renvoyer la patate chaude ailleurs. Faut-il vous rappeler que le PCTN a été remanié par votre poulain, Pierre Maudet, qui a fusionné l'inspection du travail avec le service du commerce sans allouer les ressources nécessaires ?
Faut-il aussi relever le fait qu'il a placé son ancien bras droit au conseil administratif de la Ville, Raoul Schrumpf, qui n'est visiblement pas à la hauteur de la mission ?
La cour des comptes ne fait qu'effleurer la question sous son angle financier, je pourrais vous pondre un dossier autrement plus conséquent sur les effets catastrophiques de la nouvelle loi sur les taxis que Pierre Maudet a fait voter au pas de charge pour ouvrir les portes à Uber et qui n'est non seulement pas appliquée par l'Etat (Le PCTN viole 1/3 de ses articles) mais aussi attaquée en justice avec des conséquences importantes pour la collectivité et désastreuses pour les entreprises de taxi qui tentent tant bien que mal de survivre.
Je ne fais pas partie de ceux qui s'acharnent contre Pierre Maudet dont j'apprécie les compétences, mais je dénoncerai toujours ses manières autoritaires, l'absence de consultation et le désastre de sa loi sur les taxis. Le PCTN, comme d'ailleurs les précédents services, SAP et SCom, a la tête sous l'eau, mais le premier responsable est bien Pierre Maudet qui donnait ses ordres directement au directeur.

Écrit par : Pierre Jenni | 17/10/2018

Je ne revoie la patate chaude à personne. Chacun doit prendre ses responsabilités. En ce qui me concerne, il s'agit d'assumer mon rôle de député.

Écrit par : Cyril Aellen | 17/10/2018

En tant que député, vous faites partie de l'immense majorité des parlementaires qui ont voté la loi sur les taxis la tête dans un sac.
Cette loi prévoyait notamment le développement des ressources disponibles dans le service en charge de l'application, le PCTN.
M. Maudet l'a clairement exprimé en séance plénière et vous avez validé avec les autres.
Vous êtes donc aussi responsable des choix du parlement que vous dénoncez dans votre billet.

Écrit par : Pierre Jenni | 17/10/2018

Je vous remercie d'avoir le courage de publier mes charges.
Je reviens brièvement sur l'efficience des services.
Si votre constat me semble parfaitement justifié, je peux vous assurer, et vous démontrer par un exemple concret que l'amélioration du système informatique est une exigence incontournable et les gains énormes. En fait on ne devrait pas parler de gains, mais d'économies. Car les programmes utilisés par le PCTN sont tellement obsolètes qu'ils nécessitent non seulement un personnel important pour palier mais ne permet pas de régler les questions de manière définitive et efficiente.
S'il est une dépense sur laquelle le parlement ne devrait pas chipoter, c'est bien la mise à jour des logiciels et leur harmonisation entre les différents services.
Mais surtout, il s'agit de mettre aux commandes une personne qui en est consciente. L'ancien directeur du SCom s'est fait taper sur les doigts par un juge du TA qui a pu constater par un déplacement surplace, l'incompatibilité des outils numériques avec la mission du service.
Je me tiens évidemment à votre disposition pour vous faire le détail. Vous comprendrez alors le potentiel d'économies que permettrait l'harmonisation et l'entretien du système informatique de l'Etat.

Écrit par : Pierre Jenni | 17/10/2018

Quant au contrôle à postériori, je me réjouis de voir ce que déduira le parlement lorsqu'il recevra le rapport du Conseil d'ETat, imposé par la loi en son article 42 LTVTC, qui devra faire état des conséquences de la loi.
Le dispositif prévoit donc bien ici un contrôle à postériori mais je sais déjà que le parlement, les députés tous bords confondus, ne comprendront pas un traitre mot des explications que devrait donner Monsieur Poggia qui a hérité bien malgré lui de ce dossier.
Il suffit de lire le rapport de la commission des transports (615 pages que personne n'a lues, je tiens les paris) pour vérifier que les députés qui travaillent sur le sujet, n'y comprennent rien. Alors les autres...
Les séances plénières du GC valident pour ainsi dire systématiquement les travaux en commission et lorsque ce n'est pas le cas les commissaires s'en offusquent. Les rares confrontations sont en principe des combats de coqs qui sont le reflet des guéguerres politiciennes partisanes, à mille lieues des préoccupations des citoyens.

Écrit par : Pierre Jenni | 17/10/2018

Est-ce le rôle des députés de :

- mettre en oeuvre les recommandations de la cours de comptes du précédent rapport sur le Scom ?

- s'assurer que la boite informatique chargée de développer les programmes n'est pas en train de planter le sujet au niveau technique et financier ?

- mettre en place des procédures pour ne pas perdre le tiers des rapports de Police ?

- nommer un chef de service à la hauteur des enjeux ? ou le licencier ?

- remonter les bretelles des responsables quand ça ne marche pas ?

Par contre, rien de vous empêche de demander une enquête parlementaire pour comprendre pourquoi P. Maudet ne semble pas avoir assumé son rôle de chef du département dans cette affaire...

Aller, bonnes salutations à votre voisine

Écrit par : toto | 17/10/2018

Les technocrates de l'Etat se sentent menacés, à raison il me semble.

Leur jeu politique d'inflation et de conflation de leur mission à l'intérieur des structures administratives cloisonnées et compartimentées de l'état pour justifier leur auto-promotion, met en évidence les co-dépendences entres les autorités politiques, certains membres du parlement, et les cadres supérieurs de l'Etat.

En fait, ce qui devient inquiétant, c'est que les problèmes des genevois qui devraient être de la taille de Genève, deviennent des problèmes de français, de la taille de la France, en mission divine de conquête de l'Afrique par l'assimilation du droit tribal africain.

Je crains qu'avec l'augmentation exponentielle du nombre de cadres français, résidants en France, engagés à l'Etat de Genève, la cour des comptes n'ait perdu de vue que les comptes qu'elle "contrôle" ne sont plus genevois mais français, et que le droit _appliqué_ en réalité à Genève, n'est plus le droit de Genève voté par des genevois pour des genevois, mais le non-droit français, en l'absence d'affirmation du droit genevois ou suisse.

En fait, dans cette absence d'affirmation de droit genevois et de droit suisse, ce qui émerge, visible, à Genève, par des genevois, avec le reflux aujourd'hui de 80 ans de submersion de Genève dans l'internationalisation politique et de mondialisation économique, ce sont les intérêts financiers nus, non-genevois, le droit (les droits ?) français, européen et américain (lorsque ces intérêts sont comptabilisés en dollars) qui les régie (régient).

Le poids de ces intérêts ne permettent plus aux intérêts spécifiquement genevois devenus insignifiants d'être affirmés et défendus, dilués qu'ils sont dans une rationalisation dogmatique, religieuse, de comptes d'échange commercial mondial, et en particulier d'échange avec ces voisins directs.

En fait, faute de politique capable de parler des intérêts genevois, pour les genevois, aux genevois, d'affirmer clairement ce qui appartient aux genevois, et sa volonté de le leur défendre, la cour des comptes ne servira que de paravent politique aux abus manifestes de quelques individus à la tête de quelques structures et de quelques budgets de l'Etat.

En fait, l'Etat de Genève est en faillite, et n'est plus qu'une succursale de la BNS via certaines banques privées que la Cour des Comptes a l'ordre et le devoir d'ignorer, elles et leurs comptes, comme elle l'a fait avec la BCGE.

Avec beaucoup de compréhension et de compassion dans votre douleur de la _réalisation_ de la situation dans la jurisdiction du canton de Genève, pouvoir désaffirmé, dépossédé, déposé, abandonné et bientôt vendu à la France, elle-même en quête de discipline et de légitimité religieuse.

Écrit par : Chuck Jones | 18/10/2018

Je tombe par hasard sur l'inteview que vous aviez donné au temps lorsque vous avez pris la fonction de chef du groupe PLR en décembre 2017.
La potion est amère et les succès de la dernière législature prennent une drôle de couleur à la lumière des derniers scandales qui font état d'un fonds radical pour promouvoir la loi sur la police qui est passée à 46 voix près et qui a définitivement fâché les forces de l'ordre. Pour les taxis, c'est pire.
Je vous encourage à faire votre mea culpa et corriger ce qui peut encore l'être si vous et votre groupe voulez garder un minimum de crédibilité auprès des citoyens.
https://www.letemps.ch/suisse/cyril-aellen-plr-mis-deux-ans-comprendre-quil-minoritaire-parlement

Écrit par : Pierre Jenni | 18/10/2018

Je ne suis pas sûr de bien comprendre Chuck Jones qui parle un langage bien à lui. Cependant je voudrais apporter un complément en rebondissant sur ses remarques sur les Français.
Vous devriez savoir que l'Etat de Genève a mandaté une dizaines d'experts informatiques tout droit venus de Paris pour optimiser le système informatique de l'administration fiscale.
Je croisais ces messieurs dames à l'Echalotte, mon resto favori de l'époque. Ils sont restés près de deux ans je crois.
Je glisse sur le caractère sensible des données fiscales mises entre les mains de nos voisins alors que les banques suisses doivent se débattre dans des attaques féroces pour éviter des amendes stratosphériques.
Et je vous demande, en toute transparence, pouvez-vous nous faire le rapport de ce travail de longue haleine. Savez-vous si le système fonctionne ? Est-il compatible avec les autres services des autres départements ? Combien a coûté ce travail ? N'avons-nous pas de professionnels dans notre canton, ou dans notre pays pour assurer ce genre de mission ?
Que de questions qu'un député responsable se devrait de poser au Conseil d'Etat avant de fustiger leurs exigences de budgets. Vérifiez le suivi des sommes allouées. Faites le travail pour lequel nous vous avons élu.

Écrit par : Pierre Jenni | 18/10/2018

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