30/11/2017

Le Grand Conseil a finalement trouvé sa médiane

La commission des finances a désigné son rapporteur de majorité: le socialiste M. Alberto Velasco.

Il ira donc défendre le budget 2018 voulu par la majorité de gauche et du MCG. Un budget qui consacre une augmentation de charges de 200 millions de franc environ et qui fait la part belle aux revendications des syndicats de la fonction publique.

La majorité de la commission des finances a imposé des charges supplémentaires au Conseil d’Etat.

M. Marc Simeth devrait pouvoir prendre quelques vacances après sa tournée médiatique de décembre.

Le PDC, parti dont l’un des ministres est à la tête du Département des finances, jouera, comme il y a un an, la force d’appoint nécessaire à l’adoption de ce budget largement déficitaire. Il lui faut un budget à n’importe quel coût.

Cette situation pourrait être circonstancielle et passagère. Il n’en est absolument rien. Elle résulte d’une politique, désormais lisible, d’une majorité qui a su s’affranchir de de la «théorie» des trois blocs au sein du Grand Conseil. Le MCG a désormais choisi son camp : la gauche. Pour servir son électorat essentiellement constitué, à ses yeux, de représentants de la fonction publique.

Pour qui sait observer la politique genevoise, les étapes suivantes se dessinent déjà avec une certaine clarté : la majorité du Grand Conseil va balayer les projets du Conseil d’Etat qui veulent réformer la CPEG et mettre en place l’utile projet SCORE. Il seront remplacés par des projets bien plus coûteux. Pour préserver les acquis, ou plutôt les indus, et éviter les réformes.

Cela fait, il sera enfin temps, pour cette même majorité, d’aborder, ou de saborder, PF17. Elle traitera alors avec une droite faible qui cédera probablement à nombre d’exigences, pourtant inacceptables. Car PF17, à droite, cela ne se refuse pas. La gauche le sait parfaitement. Espérons toutefois que le projet ne soit pas totalement dénaturé.

Enfin dernière étape, indispensable à la mise en œuvre de celles qui précèdent : les augmentations d’impôt.

Aujourd’hui, le MCG les refuse. Il forme ainsi, avec la droite, une majorité au Grand Conseil.

Mais cela ne va pas durer.

La position actuelle du MCG n’est désormais due qu’à un seul de ses membres: Ronald Zacharias. Un homme qui, pour des raisons très personnelles, combat les hausses d’impôt au sein du MCG. Toutefois, son prochain départ semble plus fiscal que secret.

Et la majorité de gauche et le MCG devront bien financer l’explosion des dépenses étatiques qu’ils planifient. Cela finit toujours par passer par une hausse d’impôt. De la classe moyenne bien sûr.

Et la droite dans tous cela, me direz-vous ?
Et bien c’est un peu le sens de mes propos. Il serait temps qu’elle se bouge. La politique ce n’est pas « qu’en théorie ». C’est aller se battre pour ses idées, pour ses projets. Pour son Canton. Accepter de prendre des coups pour éviter des coûts. Les cocktails, c’est bien, mais ce n’est pas suffisant.

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