30/03/2017

Première réaction sur les comptes 2016

Le Conseil d’État a présenté ce matin les comptes 2016 du Canton. Le compte de fonctionnement présente un bénéfice de 61 millions de francs.

Disons-le franchement : même si elle était attendue, il s'agit d'une bonne nouvelle.

Il conviendra d'examiner lesdits comptes avec attention mais la présentation faite ce matin laisse déjà apparaître différents éléments intéressants.

La gestion (qui doit être distinguée de l'action politique) est plutôt rigoureuse; ce point positif est à mettre au crédit du Conseil d’État.

Toutefois, pour la troisième année consécutive, la faible croissance économique du Canton est inférieure à celle du Pays. C'est donc assez logiquement que, malgré une augmentation de la population, les rentrées fiscales stagnent. Concrètement même, les recettes ordinaires diminuent. Cette dégradation doit sérieusement nous préoccuper.

Les charges globales diminuent. Le Conseil d’État a fait un réel effort pour réduire les charges de fonctionnement (-3,5%). En revanche, tant les subventions accordées que les charges de personnel (les sept huitième des dépenses totales) augmentent toujours dans des proportions plus importantes que l'inflation, la population, le PIB, les recettes fiscales ou le cumul des quatre. Les charges ne diminuent comptablement qu'en raison d'une augmentation "plus modeste" de la provision faite faveur de la CPEG (36 millions en 2016 contre plus de 200 millions en 2014 et 2015) et parce que le Conseil d’État s'est estimé en droit de ne pas verser l'annuité due à la fonction publique. Le déficit structurel croissant, lié essentiellement à l'augmentation régulière des charges, reste entier.

La dette moyenne diminue. C'est bien. Mais cela ne résulte pas (ou bien peu) du résultat des comptes de fonctionnement. Cette diminution est liée à une chute inquiétante (mais semble-t-il provisoire) des investissements publics et à un besoin réduit en fonds de roulement (les contribuables paient en moyenne plus rapidement leurs impôts).

Enfin, les résultats financiers ne disent évidemment rien sur les enjeux financiers importants de ces prochaines années, comme, par exemple, celui lié à la recapitalisation de la CPEG. Et s'ils mettent en évidence une gestion plutôt rigoureuse et bienvenue de l'actuel Conseil d’État, ils rappellent douloureusement que nos élus - au Grand Conseil et au Conseil d’État - restent incapables d'imaginer et de mettre en œuvre certaines importantes réformes dont notre Canton a urgemment besoin.

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