15/12/2015

La Grève. Par qui. Pourquoi ?

Les enseignants du Cycle, qui constituent une grande partie des actuels grévistes, veulent attirer l’attention de la population sur leurs conditions de travail. Soit. Parlons-en.

Les enseignants genevois sont ceux qui, en Suisse romande et au Tessin, passent le moins de temps face aux élèves : 16h30 par semaine, 38,5 semaines par an.

Aussi, si les seuls profs du Cycle acceptaient d’enseigner :

comme les vaudois, l’économie serait de 26,8 millions par an,
comme les valaisans, l’économie serait de 35,8 millions par an,
comme les fribourgeois, l’économie serait de 39,8 millions par an,
comme les jurassiens ou les neuchâtelois, l’économie serait de 53,6 millions par an,
comme les bernois, l’économie serait de 58,1 millions par an.

Cela n’impliquerait bien sûr aucun élève supplémentaire par classe et aucune baisse de salaire.

Les enseignants genevois du Cycle resteraient les mieux payés de Suisse romande.

Ces chiffres ne sont pas les miens.

Ce sont ceux de l’Institut de recherche et de documentation pédagogique (http://www.irdp.ch/…/201…/enseignantsdocumentcomplet1314....), lesquels ont été approuvés par les départements de l’instruction publique romands et tessinois de la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin, ainsi que ceux qui ont été donnés par le DIP à la commission des finances le 11 novembre 2015 (le rapport rédigé par M. le député Roger Deneys le 7 décembre 2015 est désormais public).

Il me semble qu’il devrait être possible de parler de cela sans être immédiatement taxé d’anti-fonctionnaire.

Les économies ainsi réalisées pourraient non seulement servir à rembourser la dette de l’Etat de Genève, mais aussi à maintenir ou développer les prestations étatiques de notre Canton.

Y compris dans le domaine de la formation.

09:42 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

Commentaires

C'est toujours pratique de comparer des pommes et des poires pour soutenir une cause noble comme le démantèlement du service public.

Et si nous ouvrions un peu les frontière à la profession d'avocat ? Comme ça on pourrait comparer les tarifs comme vous le faites, par exemple avec des pays voisins et plus lointains.

Écrit par : El Captain | 15/12/2015

Monsieur le député,

La plupart des fonctionnaires dont je fais partie ont compris qu'on ne pouvait pas faire plus avec moins et ne font pas la grève.

Ce qui n'est pas juste, c'est qu'à cause de super privilégiés dont vous parlez dans votre blog, tous les fonctionnaires sont pénalisés.

J'ai le même niveau d'étude qu'un prof, mais je ne peux pas être rémunéré au-delà de la classe 18 sauf si je deviens responsable du service. Mes annuités sont toujours bloquées et mon salaire stagne. Je suis connu pour un être un bon élément et mon chef prie pour que je ne quitte pas mon poste pour le privé qui est mieux rémunéré dans mon domaine. Néanmoins, mon travail et le service public m'intéressent et donc je reste pour le moment, mais jusqu'à quand ?

Je veux bien travailler 42 heures au lieu de 40 (ce que je fais déjà d'ailleurs), mais qu'on me donne l'annuité, car toutes mes dépenses augmentent et je vais bientôt avoir du mal à faire face à celles-ci. Sinon, j'arrête de consommer, mais est-ce une solution économique à long terme ? C'est le serpent qui se mord la queue.

Il y a beaucoup de postes inutiles à l'état, mais qui a le courage de le dire ?

Bien à vous

Un fonctionnaire qui aimerait un peu plus de justice.

Écrit par : fonctionnaire | 15/12/2015

Je suis convaincu que la population fait très bien la part des choses. Fondamentalement, elle a de l'estime et du respect pour les fonctionnaires. Elle sait néanmoins que la situation économique est difficile, y compris pour l’État. Des choix et des efforts devront être faits, surtout par ceux dont la situation est encore assez favorable.

Écrit par : Cyril Aellen | 15/12/2015

Les commentaires sont fermés.