17.12.2011
Qui joue avec le feu ?
Nul ne conteste que l'économie genevoise vit une période difficile. Les petits commerçants et les entrepreneurs de notre Canton, mais aussi les sociétés plus importantes, subissent des baisses importantes de leur chiffre d'affaires.
Malgré cela, le secteur privé fait preuve d'une responsabilité remarquable. Il lutte pour conserver des emplois, il réduit ses coûts et améliore sa compétitivité. Le secteur privé se bat dignement, malgré la crise.
Les collectivités publiques sont également touchées par cette période économique difficile. Leurs réactions sont toutefois fort différentes.
En Ville de Genève, la gauche et ses électrons libres ont fait preuve d'une attitude peu responsable. Pour obtenir un budget équilibré, il a été fait appel à des artifices comptables, d'une part, et à une augmentation de la fiscalité, d'autre part. Si la gauche est dans son rôle lorsqu'elle augmente l'impôt, elle se fourvoie lorsqu'elle s'attaque aux plus faibles acteurs économiques. En augmentant la taxe professionnelle, la gauche et ses électrons libres ont choisi de malmener de nombreux petits commerçants et entrepreneurs dont la santé, et parfois même l'existence, est engagée.
Sur un plan cantonal, la situation n'est pas moins inquiétante.
L'élection d'un gouvernement de droite à l'automne 2009 avait créé de nouveaux espoirs. Ils sont aujourd'hui gravement déçus. Malgré la crise, les dépenses du Canton augmentent très sensiblement. Le déficit et la dette croissent également dans des proportions totalement inacceptables.
Dans ce contexte, le Cartel intersyndical du personnel de l'Etat et du secteur subventionné est dans son rôle lorsqu'il appelle ses membres à refuser les mesures qui touchent la fonction publique. En revanche, l'attitude des élus de droite est difficilement compréhensible. Comment peuvent-ils, en ces circonstances, défendre et voter un tel budget ! Comment une majorité de droite peut-elle justifier une augmentation de la dette de près d'un milliard en trois ans alors que, dans le même temps, celle du canton de Vaud a été sensiblement réduite ? Comment peut-on justifier une augmentation de plus de 1200 postes au sein du « Grand Etat genevois » en deux ans ?
J'entends déjà beaucoup de politiciens vivant en vase clos me dire qu'une gestion plus rigoureuse priverait l'Etat de moyens indispensables pour améliorer, notamment, la sécurité et le fonctionnement de la justice de notre Canton. Ils se trompent. Nos voisins vaudois font mieux avec moins. Les Maires, Adjoints et Conseillers administratifs de nos communes suburbaines et campagnardes présentent des budgets équilibrés avec, par exemple, un nombre croissant d'agents municipaux.
Enfin, à tous ceux qui s'interrogent de savoir comment il est possible qu'un gouvernement à majorité de droite puisse proposer, dans ces circonstances, un budget prévoyant un déficit supérieur à 350 millions, j'ai un embryon de réponse : c'est parce que la plupart des députés de droite le vote !
Cyril Aellen
A la demande du Président du PLR, je précise que mes opinions n'engagent que moi. Je n'ai plus de fonction officielle au sein du PLR et je ne suis pas mandaté pour m'exprimer au nom du Parti. Aujourd'hui, je ne représente que moi.
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Commentaires
Excellente analyse, une fois de plus.
Ecrit par : Pascal Décaillet | 17.12.2011
David Hiler, de gauche, n'est pas taxé de mauvais gestionnaire, sinon il n'aurait pas été réélu, mais Pascal Broulis, de droite, fait mieux en raison de conditions socio-économiques plus favorables. Genève, quant à elle, a la folie des grandeurs avec des projets pharaoniques, d'où, entre autres, ce déficit vertigineux.
Ecrit par : Aurélien | 17.12.2011
La gauche n'a nullement augmenté la fiscalité.
Un budget n'est qu'une prévision de recettes et de dépenses.
Le Conseil administratif a simplement estimé qu'il y aurait plus de rentrées de la taxe professionnelle qu'initialement prévu, ce qui n'emporte aucune augmentation d'impôts, mais une simple augmentation de la prévision de rentrées fiscales.
Cela dit, cela reste, comme vous le dites justement, un artifice comptable pour équilibrer le budget...
Ecrit par : André Baldini | 17.12.2011
"En augmentant la taxe professionnelle, la gauche et ses électrons libres ont choisi de malmener de nombreux petits commerçants et entrepreneurs dont la santé, et parfois même l'existence, est engagée." dites-vous.
J'ai d'ordinaire beaucoup de considération pour la clarté de vos positions et votre courage politique....mais là vous enduisez vos lecteurs d'une couche onctueuse d'erreur....car je n'ose un instant penser que vous êtes de mauvaise foi. L'augmentation des recettes de la Taxe professionnelle ne malmène en rien les nombreux petits commerçants et entrepreneurs : il s'agit
- d'un voeu pieu (car les perspectives économiques ne permettront pas les recettes votées) ou
- d'un pari et ça relève de l'addiction au jeu car d'anciennes pratiques (auxquelles j'ai été mêlé) consistaient, pour arranger le budget, à parier sur l'incivilité parcométrique des citadins
- d'un acte de créativité comptable (ah cette gauche et son amour de l'art contemporain !)
La Taxe professionnelle sera abolie sous peu par le Grand Conseil ; je préférerais que l'on en modifiât les critères pris en compte (chiffre d'affaire, surface, quantité de personnel) ou qu'onles pondérâts différemment.
avec mes cordiaux messages.
p.losio
ps : si je vous croise un jour à la buvette du GC je vous taperais sur l'épaule, n'en déplaise à M. Pascal (oui, lui, pas celui du matin sur RSR1) qui semblerait préférer qu'en tant qu'adversaire politique on se prît au collet ou qu'on se tapât sur autre chose
Ecrit par : pierre losio | 17.12.2011
l'embryon de réponse pourrait être affiné: les Verts font ce que Hiler leur commande de voter et tous les PLR sans exception pactisent avec les PDC pour le voter en se bouchant le nez.Hiler a même précisé que pour lui l'affaire était simple: 51 voix pour voter son budget. Avec 17 verts plus 32 PLR plus 11 PDC l'avance était confortable !Il restait plus qu'une motion d'ordre pour faire taire Stauffer et l'affaire était réglée.
Ecrit par : J-F Girardet | 17.12.2011
@Pierre Losio et André Baldini
Si l'augmentation prévue de la taxe professionnelle se limite effectivement à une modification des prévisions budgétaires, je fais naturellement mon mea culpa.
En revanche, cela rend l'artifice comptable d'autant plus grotesque.
Je formule pour ma part le vœux que la taxe professionnelle, injuste et relativement couteuse à percevoir, soit abolie par le Grand-Conseil. Mais permettez-moi néanmoins d'attendre la prise effective de cette décision avant d'y croire.
Je vous remercie en tous les cas d'avoir apporté ces précisions qui ne changent pas fondamentalement le sens de mon texte mais qui rend l'une de mes critiques infondée.
Bien à vous.
Cyril Aellen
Ecrit par : Cyril Aellen | 17.12.2011
@ M. Girardet - En cinq lignes, vous relatez, densifiez, évoquez. Vous auriez fait un bon journaliste.
Ecrit par : Pascal Décaillet | 17.12.2011
On ignore tout des qualités de gestionnaire de M Hiler. Il a jusqu'ici bénéficié de rentrées fiscales chaque fois plus élevées que prévu, vu la haute conjoncture qu'a connue Genève ces dernières années. On saura si c'est un bon gestionnaire quand la situation se sera détériorée, ce qui ne va pas tarder.
Il est comme un directeur de plage par beau temps : quoi qu'il fasse, le nombre d'entrées est satisfaisant. Le bon directeur de plage, c'est celui qui la fait tourner les étés pluvieux.
Ecrit par : Henri Martin-Chappuis | 17.12.2011
Cher Cyril, j'ai beaucoup apprécié votre franc parler.
On peut être un membre éminent d'un grand parti, ce n'est pas une raison pour ne pas être critique ! Y compris au sein d'une famille l'on peut avoir des vues ou des actions différentes
Comme vous je pense qu'il y a un certain nombre de décisions que personne n'a eu le courage de refuser et qui vont peser sur le budget 2012 et ceux avenir, mais entre la gauche dépensière, le centre angélique et une droite "timorée" on ne pouvait pas s'attendre à mieux ! que Dieu nous vienne en aide car nos politiciens nous laissent (voire contribuent à) nous enfoncer gravement !
Ecrit par : A. Jimenay | 17.12.2011
les élections faites et passées,
n'est-ce pas le moment de tâcler quelques essentiels du moteur économique genevois que sont les contribuables,
comme la politique de l'emploi, le marché du travail et ses éléments composants que sont les recruteurs?
Où tant de suisses sont licenciés pour être remplacés par de plus jeunes moins coûteux collaborateurs
où tant de salariés licenciés sans autre 10 ans avant l'âge de la retraite ne retrouvent plus d'emploi pour cause d'âge
Ecrit par : graphycs | 17.12.2011
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