04.09.2011
GOS et l'UDC
Le 18 septembre 2011, l'électeur genevois devra faire un choix inhabituel. Inédit même. Elire à la Cour des comptes un magistrat issu des rangs de l'Alliance de Gauche ou de l'Union Démocratique de Centre. Choisir entre deux candidats provenant de partis qui ne sont pas représentés au gouvernement cantonal. A titre personnel, j'aurais naturellement préféré la candidature du PLR Francis Walpen, mais je suis assez séduit, je l'avoue, par l'idée que les magistrats à la Cour des Comptes ne soient pas tous membres d'un parti gouvernemental.
J'imaginais aisément que cette seule alternative allait toutefois déplaire aux adeptes du politiquement correct, aux couards de la pensée et aux admiratrices du gendre idéal. Je ne m'attendais pas cependant à un sursaut médiatique de l'ancien Conseiller d'Etat radical Guy-Olivier Segond. Le père GOS se devait probablement de rappeler à l'ordre son fils du Palais Eynard et l'esprit de la Tour Baudet. Ils ont approuvé l'accord passé avec l'UDC.
Le caractère saugrenu des deux principales raisons avancées par notre ancien brillant magistrat radical n'arrive pas à masquer ses réelles motivations, à l'évidence d'une toute autre nature politique.
Selon M. Guy-Olivier Segond, si les mots ont un sens, seul un juge peut être élu à la Cour des Comptes. Exactement l'inverse de ce qu'a voulu le législateur.
En effet, pour la Cour des Comptes, la loi prévoit que le candidat doit disposer de compétences résultant d'une formation ou d'un expérience dans les domaines juridique, économique, comptable et administratif, de même que des qualifications en matière de gestion d'entreprise et d'organisation de services publics. Par ailleurs, pour les magistrats du pouvoir judiciaire, est juge celui qui est élu, qui est titulaire du brevet d'avocat et qui possède trois ans au moins de pratique professionnelle utile au poste, stage d'avocat non compris.
Aussi, si l'on s'en tient à la volonté du législateur, M. Yves Nidegger a les qualités professionnelles d'un juge et il correspond à l'évidence bien mieux au profil d'un magistrat à la Cour des Comptes que son concurrent, M. Daniel Devaud.
Pour M. Guy-Olivier Segond, aucune alliance n'est possible entre le PLR et l'UDC pour une telle élection parce que ces deux partis seraient opposés, sur un plan suisse, sur l'essentiel : les accords bilatéraux. Le rapport entre les accords bilatéraux et l'élection genevoise à la Cour des Comptes n'est pas évident. En fait, il n'y en a aucun.
Mais celui qui connaît la carrière politique de M. Guy-Olivier Segond sait que ce dernier, homme du centre-gauche, a toujours combattu l'UDC. Même celle d'Adolf Ogi. En cela, il fait preuve d'une certaine cohérence.
A ce sujet, j'ai toutefois un souvenir assez amusé du grand débat opposant, au Grand-Casino de Genève, en octobre 1992, M. Guy-Olivier Segond à M. Christoph Blocher. Le premier prônait une adhésion à l'EEE et le second défendait la voie des accords bilatéraux. Ils semblent avoir tous les deux changé d'avis. Mais M. Guy-Olivier Segond déteste toujours l'UDC et il votera donc M. Daniel Devaud. Et l'unité de la droite, cela n'a jamais été son affaire.
Cyril Aellen
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Commentaires
Tout cela ressemble à un certain 5 mai 2002
Ecrit par : Charly Schwarz | 04.09.2011
En une année les enfants de James Fazy ont été mariés de force et complètement cocufiés !
Ecrit par : Charly Schwarz | 04.09.2011
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