15.08.2011
La naissance du PLR
Ils étaient en proie à de réguliers conflits conjugaux et assurément trop âgés pour devenir parents mais le 24 mai dernier, de leur union, est né un fils unique. L'accouchement a été difficile et ils sont tous les deux morts avant même que l'héritier tant attendu commence à respirer. L'enfant, lui, est bien vivant. En souvenir de ses illustres géniteurs, il porte un nom composé: libéral-radical. Mais tout le monde l'appelle "le PLR".
Physiquement, il a les traits de son père. Mais il ne fait aucun doute qu’il possède le caractère de sa mère. Le PLR n’a pas pu vivre une innocente jeunesse. Il est né adulte et responsable.
Le PLR est atteint d'une maladie digestive, de nature génétique: la querelle intestine. C’est une atteinte curable mais dont la guérison peut prendre plusieurs années. Et des rechutes sont toujours possibles. Sa profession, le PLR ne l'a pas choisie. Conformément au voeu de ses parents, il est devenu politicien.
Les premières réunions qu'il a organisées se sont déroulées comme l'aimait sa mère: dans une bonne ambiance. Son père aurait certainement été plus critique car il appréciait le débat.
Le PLR aime les nouvelles technologies et communique beaucoup par e-mail. Depuis sa naissance, il multiplie les contacts avec tous les membres de sa famille politique. Même les plus éloignés. Ceux-ci apprécient beaucoup. Précédemment, ils n'avaient pas toujours été tenus au courant des dernières affaires familiales et s'étaient parfois sentis abandonnés. Ils sont désormais heureux de faire partie d'une grande famille qui nourrit de nombreux et ambitieux projets.
Il faut néanmoins bien admettre que si le PLR est à l'aise pour discuter en petits comités, lors de plus grandes assemblées, il est encore timide. En public, il est même timoré. En fait, il n'est pas encore sûr lui et demeure très hésitant sur les idées qu'il veut défendre. Il est affecté par ses soucis de santé et, encore traumatisé par leur décès, veut faire honneur à des parents qu'il n'a pourtant pas connus.
Il sait que sa mère était devenue prudente avec le temps. A la fin sa vie, elle peinait à saisir les préoccupations de ses contemporains. Elle était très fière de ses célèbres ancêtres et se considérait comme la détentrice privilégiée d’un certain nombres de valeurs. Or, sans vraiment savoir elle-même pourquoi, elle était devenue craintive, voire dédaigneuse, avec ceux qui ne partageaient pas toutes ses valeurs, même lorsqu'il s'agissait de personnes généralement honorables et dignes de considération. Il faut dire qu'elle souffrait de la même maladie génétique que son fils, le PLR.
Le PLR sait que son père était naturellement plus ouvert et courageux. Il avait mieux su comprendre l'évolution du monde qui l'entourait. Toutefois ses origines bourgeoises l'avaient longtemps tenu à l’écart d’une certaine réalité. Il avait le sens de la famille et aimait les siens. Mais il n’était pas exclusif et cela ne l’empêchait de prêter un certain intérêt à ceux qui ne pensaient pas toujours exactement comme lui. Il était indépendant et peu sensible à son image. Il avait aussi de l’ambition pour son fils.
Le PLR est fier de ses parents et s’impose à juste titre de respecter les traditions familiales. Mais il doit surtout se forger une personnalité propre. Il ne lui appartient pas seulement de ressentir les préoccupations actuelles de la population, il doit les partager. Il ne lui incombe pas uniquement de comprendre l’évolution de la société, il doit la vivre. Cela constitue une vraie rupture d’avec la politique de ses ancêtres.
Il ne s’agit pas de réinventer l'économie de marché, la protection de l’environnement ou la politique sociale. Il s’agit de mener une politique pragmatique, réaliste et efficace. Le PLR doit par exemple défendre une politique d'immigration choisie et un durcissement des lois pénales en vue d’améliorer la sécurité des citoyens. L’Etat étant devenu un monstre bureaucratique qui n’arrive plus à assumer ses tâches, le PLR doit proposer une simplification des procédures administratives et une réduction de ses attributions. La classe moyenne faisant l’objet d’une pression fiscale excessive, le PLR doit proposer une baisse d’impôt significative en vue de rendre un juste pouvoir d’achat aux citoyens qui contribuent le plus à la richesse du pays.
Sur un plan plus local, les politiques cantonales et communales ne sont plus coordonnées de façon satisfaisante. Quel que soit le résultat des travaux de l’assemblée constituante le problème ne sera pas réglé. Les autorités cantonales ignorent trop les soucis des Communes. Les autorités communales refusent bien souvent de tenir compte de l’intérêt général défendu par le Canton. Le PLR doit proposer une nouvelle répartition des tâches, notamment en matière d’aménagement et de sécurité du territoire.
Enfin, l’un de nos responsables politiques, pourtant intelligent et visionnaire, est malmené par l'opinion publique. Il est même très critiqué au sein de sa propre famille. Le PLR tergiverse. La situation n'est plus tenable. Le PLR doit lui manifester un soutien significatif, univoque et constructif. Ou alors annoncer, dès aujourd’hui, un changement pour 2013.
Cyril Aellen
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initiative populaire contre la bureaucratie, quel talent ce PLR!
photo: bouquet final offert par le PLR, merci Moi y en a bien aimer l'initiative du PLR contre la bureaucratie. On voulait de l'efficacité (sans blague) et ben là, franchement, merci le PLR! D'abord, petit rappel au lecteur du blog de la définition du...
Trackback par : petites pensées genevoises du cardon masqué | 15.08.2011
Commentaires
Globalement d'accord, cher Cyril, hormis qu'en matière de maladie génétique intestine, j'ai le sentiment que le père (si j'ai bien tout compris) était beaucoup plus gravement atteint que la mère, d'atteintes brusques et beaucoup plus sournoises, résultant de conflits de priorités et d'egos entre ses diverses cellules dirigeantes. Si j'en crois l'observateur pascal, cela se traduisait régulièrement par des convulsions pouvant entraîner d'inquiétants coups de poignard dans le dos.
Il a d'ailleurs été dit que les premières attaques à l'égard de l'édile dont vous parlez venaient de sa famille même. Peut-être des membres habitant en zones villas, peu soucieux de se voir déclassés, en dépit de l'intérêt général ? Une sorte de réaction allergique auto-immune, qu'il serait opportun, selon moi, de traiter par quelques piqûres d'anti-allergique.
Le fait est que la maladie de la mère évoluait différemment, affectant sa latéralité, du fait d'oppositions franches et ouvertes entre sa droite et sa gauche. Ce qui à tout prendre me parait plus aisément gérable.
Ecrit par : Philippe Souaille | 15.08.2011
Maintenant (dans un proche avenir) il ne reste plus qu'à sauter le pas (dans les bras) et rejoindre l'UDC.
Ecrit par : Victor DUMITRESCU | 15.08.2011
J'adore votre texte, j'aurais aimé l'écrire. J'ai apprécié de le lire tout en espérant que l'ensemble de votre famille aura reçu ce faire-part ;)
Walter Schlechten.
Ecrit par : Walter Schlechten | 15.08.2011
Si papa et maman sont génétiquement proches (de la même famille, les pères fondateurs l'ayant été aussi), il s'agit d'un mariage consanguin... Pauvre bébé!
Si papa et maman sont génétiquement éloignés (pas de la même famille, les pères fondateurs ne l'ayant pas été non plus), le mariage sera de courte durée... Pauvre bébé!
De plus, papa et maman sont génétiquement malades... Pauvre bébé!
Et pour couronner le tout, le pauvre bébé porte le patronyme de Ringard. S'est lourd à porter! Surtout si on est prénommé Pierre-Louis, qui est un prénom ringard par lui-même!... Pauvre Pierre-Louis Ringuard (PLR)!
PS: Si le commentaire est publié, on saura au moins que le bébé a un certain sens de l'humour!
Ecrit par : Baptiste Kapp | 15.08.2011
Enfin un texte sentant la politique comme celle de nos ainés,rempli de malices et nous sortant des tristes discours plus proches de la litturgie biblique qui nous sont servis depuis quelques années ,c'est vrai en politique pas besoin de têtes d'enterrement décidément devenues une habitude,ce n'est pas de cette manière qu'on encourage les gens à aller travailler,allons Messieurs les politiciens et Mesdames mettez y un peu de joie dans vos présentations sinon le peuple croira qu'en agissant ainsi votre métier ne vous plait pas!sortez nous de la grisaille de la presse poeple qui s'imagine savoir mieux régenter ce pays que vous !souvenez vous du Patriarche de chez Swatch même en temps de tempète horlogère il savait motiver ses troupes lui!
Ecrit par : lovsmeralda | 15.08.2011
A ceux qui trouvent mes propos ambigus, je précise volontiers que je ne suis pas nostalgique de la politique menée en son temps par M. Christian Grobet ou par M. Laurent Moutinot. Je partage, pour l'essentiel, la politique, courageuse et visionnaire, menée par l'actuel Président du Conseil d'Etat, M. Mark Muller. J'ai eu l'occasion de lui communiquer personnellement mes quelques divergences de vue, notamment au sujet du déclassement partiel des zones villa, et mon souhait de voir les procédures d'autorisation de construire se simplifier. Mais cela ne m'empêche pas de penser que les récentes attaques personnelles dont il a fait l'objet sont indignes et dénuées de fondement. M. Mark Muller peut compter sur mon soutien. Je formule le vœu que les membres du PLR le disent plus fort et l'écrivent plus souvent. Ou alors, en 2013, ils devront composer avec M. Carlo Sommaruga.
Ecrit par : Cyril Aellen | 19.08.2011
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