08/02/2017

RIE III : Il m'apparaît raisonnable de voter OUI.

Il me semble qu'un record au moins aura été battu: celui du plus grand nombre d'arguments ridicules, souvent sans lien avec le sujet, développés par des intervenants d'une rare mauvaise fois.

Cela autant du côté des opposants que de celui des partisans. S'agissant des premiers, je peux comprendre la stratégie de l'enfumage; le peuple ne vote pas pour un projet dont il saisit mal les contours. Pour les seconds, je suis plus réservé.

L'enjeu de cette votation est pourtant assez simple.

La Suisse a su, depuis près d'un siècle, mettre en place des conditions favorables à une économie prospère.

Si certains peuvent légitimement regretter l'existence d'inégalités, nous devons unanimement admettre que la Suisse assure un niveau de vie et des prestations sociales qu'aucun autre Etat n'a jamais été capable d'offrir.

La réussite de la Suisse est en grande partie liée au fait qu'elle sait évoluer sereinement dans un monde en mouvement permanent. Si la venue, sur notre territoire, de société à statuts est à l'origine d'une part importante de notre prospérité, il faut admettre que cette pratique appartient désormais au passé.

RIE III permet cette évolution. Il s'agit d'une réforme indispensable qui respecte les nouveaux standards économiques internationaux et qui préserve les intérêts d'une économie nationale laquelle participe indéniablement à notre bonne qualité de vie actuelle.

J'entends bien toutefois les critiques formulées par les opposants. Je ne les partage pas toutes mais j'en comprends certaines. Aucune d'entre elles cependant ne justifie à mon sens un refus de cette réforme. La fiscalité des entreprises est appelée, par nature, à évoluer constamment. Elle doit s'adapter aux conditions politiques et économiques qui changent sans cesse. Si les inquiétudes des opposants se réalisent, nul doute que le peuple suisse saura apporter rapidement les modifications nécessaires.

C'est pour cela qu'il me semble indispensable de soutenir RIE III. Pas parce que le projet qui nous est soumis est parfait, mais parce qu'il est indispensable à la prospérité de notre pays et parce qu'il sera toujours temps de corriger les défauts qu'il comporte.

Refuser RIE III, c'est refuser d'évoluer, c'est créer inutilement de l'incertitude pour notre économie sans aucune garantie que le plan B soit meilleur que celui qui nous est actuellement présenté.

17:21 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

21/04/2016

Des critiques pas vraiment pertinentes

Si j'ai bien compris, en substance, les députés formulent trois principaux reproches au ministre des finances. C'est à tort qu'il aurait annoncé, en août 2015, des rentrées fiscales en baisse. Il n'aurait pas été assez présent auprès des députés pour les convaincre du bienfondé de sa politique. Enfin, il serait responsable de l'absence de budget pour l'année 2016.

Ces critiques m'amènent quelques observations.

Que le ministre des finances communique sur l'état des rentrées fiscales en cours d'année me convient très bien. Il risque de ne plus le faire à l'avenir et je le regrette. Sur le fond, il avait raison d'annoncer une baisse des rentrées fiscales. Malgré une perception fiscale extraordinaire et une population en forte augmentation, les revenus fiscaux baissent sensiblement en comparaison des comptes de l'année 2014: de 53 millions pour l'impôt sur les personnes physiques et de 74 millions pour l'impôt sur les personnes morales. Cela est préoccupant.

Que le ministre laisse travailler le parlement sans chercher sans cesse à le convaincre de sa position ne me dérange pas. Au contraire. Un élu au Grand Conseil doit être capable de penser par lui-même et d'agir en fonction de ses propres convictions. Je n'ai pas besoin d'être pris par la main pour effectuer convenablement mon travail. A chaque fois que j'ai sollicité une information, celle-ci m'a été transmise. Sans exception. Je soutiens le Conseil d’État à chaque fois que cela me paraît juste. Je l'affronte à chaque fois que cela est nécessaire. C'est en quatre mots: la séparation des pouvoirs.

Que les députés rendent le ministre des finances responsable de l'échec du budget 2016 révèle une certaine absence d'autocritique. Le Conseil d’État s'était mis d'accord sur un projet de budget 2016. Seule la ministre du Département de l'Instruction Publique a publiquement fait état d'une divergence. C'est cette position qui a indéniablement affaibli la position du collège gouvernemental. En revanche, la majorité du parlement a souverainement décidé de ne pas entrer en matière sur un projet de budget 2016. Pour ma part, j'aurais souhaité examiner ce projet de budget 2016 en commission des finances, mais la majorité du parlement en a décidé autrement. Je respecte cette décision. L'immense majorité du parlement a refusé, en l'absence de ce travail indispensable, d'amender et de voter le budget 2016 présenté par le Conseil d’État: nous devons l'assumer.

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15/12/2015

La Grève. Par qui. Pourquoi ?

Les enseignants du Cycle, qui constituent une grande partie des actuels grévistes, veulent attirer l’attention de la population sur leurs conditions de travail. Soit. Parlons-en.

Les enseignants genevois sont ceux qui, en Suisse romande et au Tessin, passent le moins de temps face aux élèves : 16h30 par semaine, 38,5 semaines par an.

Aussi, si les seuls profs du Cycle acceptaient d’enseigner :

comme les vaudois, l’économie serait de 26,8 millions par an,
comme les valaisans, l’économie serait de 35,8 millions par an,
comme les fribourgeois, l’économie serait de 39,8 millions par an,
comme les jurassiens ou les neuchâtelois, l’économie serait de 53,6 millions par an,
comme les bernois, l’économie serait de 58,1 millions par an.

Cela n’impliquerait bien sûr aucun élève supplémentaire par classe et aucune baisse de salaire.

Les enseignants genevois du Cycle resteraient les mieux payés de Suisse romande.

Ces chiffres ne sont pas les miens.

Ce sont ceux de l’Institut de recherche et de documentation pédagogique (http://www.irdp.ch/…/201…/enseignantsdocumentcomplet1314....), lesquels ont été approuvés par les départements de l’instruction publique romands et tessinois de la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin, ainsi que ceux qui ont été donnés par le DIP à la commission des finances le 11 novembre 2015 (le rapport rédigé par M. le député Roger Deneys le 7 décembre 2015 est désormais public).

Il me semble qu’il devrait être possible de parler de cela sans être immédiatement taxé d’anti-fonctionnaire.

Les économies ainsi réalisées pourraient non seulement servir à rembourser la dette de l’Etat de Genève, mais aussi à maintenir ou développer les prestations étatiques de notre Canton.

Y compris dans le domaine de la formation.

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