01/10/2017

CPEG : Réforme en vue ?

Si j'étais fonctionnaire à Genève, je m'intéresserais sérieusement, ces prochaines semaines, à la santé financière de la CPEG ainsi qu'aux réformes envisagées. Je me demanderais comment mes intérêts sont réellement défendus.

Si je résume la situation.

Le Conseil d’État présentera mercredi 4 octobre 2017 un projet de réforme de la Caisse de pension, laquelle impliquerait une recapitalisation importante. Elle permettrait de passer d'un régime de primauté de prestations à un régime ordinaire, en limitant la baisse de prestations et sans augmenter significativement le taux de cotisation.

Le Cartel des syndicats de la fonction publique s'oppose au projet. Il veut une recapitalisation partielle (1 milliard) et immédiate sans réforme aucune. Pour se donner le temps de discuter avec le Conseil d’État. Cela alors que Genève est dans une situation financière bien plus difficile que par le passé.

Si l'une ou l'autre de ces solutions ne trouve pas une majorité au parlement, puis auprès du peuple, au plus tard au mois de juin 2018, le Comité de la Caisse a déjà annoncé une baisse significative des prestations, dès le 1er janvier 2019 (10% environ).

Même si ce n'est pas mon cas, je n'exclus pas qu'une partie importante des citoyens finisse par s'accommoder de cette dernière hypothèse.

 

 

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25/05/2017

Diminution des prestations ou réformes ?

De mon point de vue, le refus d'ajuster à la hausse les tarifs des TPG, décidé souverainement par le peuple genevois, est une erreur. Mais diminuer l'offre des transports publics, condition cadre indispensable d'une économie prospère et durable, m'apparaît être une faute politique.

A court terme, le déblocage d'une subvention complémentaire de 7,7 millions me semble être la seule solution raisonnable. Elle permettra aux TPG de maintenir ses actuelles prestations. Et il est illusoire de penser qu'avec un refus de ce crédit supplémentaire l’État fera de réelles économies.

Ma position ne doit toutefois pas être mal interprétée: il est indispensable qu l’État, dans son ensemble, procède à des mesures structurelles d'économie. Mais celles-ci doivent s'inscrire dans le cadre d'un projet politique global, volontaire, réfléchi et négocié. Elles ne se font pas abruptement au lendemain d'un week-end de votations.

Les possibilités sont nombreuses. L'organisation de l’État doit être totalement repensée. L'amélioration de son fonctionnement passera obligatoirement par une réforme du statut de la fonction publique et une simplification des structures hiérarchiques. Les tâches l’État doivent être redéfinies; certaines d'entre elles doivent être abandonnées ou confiées à des tiers. Les prestations fournies aux citoyens doivent être réévaluées; celles dont la pertinence n'est pas démontrée doivent être supprimées. Le nombre de fonctionnaires dont l'activité n'est consacrée qu'au fonctionnement interne de l’État est pléthorique; ceux dont la mission n'est pas indispensable doivent être réaffectés à d'autres tâches en faveur des citoyens. Les trop nombreuses directives internes inutiles, aux conséquences chronophages, doivent être remplacées par des cahiers des tâches plus clairs et plus simples. Le respect de ces derniers doit être assuré par des supérieurs aux responsabilités renforcées.

Ces dernières années, chaque au automne, le Conseil d’État répète à l'envi que l'essentiel des charges de l’État est constituée de dépenses automatiques ou mécaniques: il a tort !

On n'attend pas des membres du Conseil d'Etat qu'ils se comportent comme des super-secrétaires généraux mais comme des femmes ou des hommes politiques responsables, visionnaires et ambitieux pour Genève.

Je formule le vœux que les candidats de mon parti au Conseil d’État, de même que ceux qui, éventuellement, feraient campagne avec eux, s'engagent à mettre en œuvre ces indispensables réformes.

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30/03/2017

Première réaction sur les comptes 2016

Le Conseil d’État a présenté ce matin les comptes 2016 du Canton. Le compte de fonctionnement présente un bénéfice de 61 millions de francs.

Disons-le franchement : même si elle était attendue, il s'agit d'une bonne nouvelle.

Il conviendra d'examiner lesdits comptes avec attention mais la présentation faite ce matin laisse déjà apparaître différents éléments intéressants.

La gestion (qui doit être distinguée de l'action politique) est plutôt rigoureuse; ce point positif est à mettre au crédit du Conseil d’État.

Toutefois, pour la troisième année consécutive, la faible croissance économique du Canton est inférieure à celle du Pays. C'est donc assez logiquement que, malgré une augmentation de la population, les rentrées fiscales stagnent. Concrètement même, les recettes ordinaires diminuent. Cette dégradation doit sérieusement nous préoccuper.

Les charges globales diminuent. Le Conseil d’État a fait un réel effort pour réduire les charges de fonctionnement (-3,5%). En revanche, tant les subventions accordées que les charges de personnel (les sept huitième des dépenses totales) augmentent toujours dans des proportions plus importantes que l'inflation, la population, le PIB, les recettes fiscales ou le cumul des quatre. Les charges ne diminuent comptablement qu'en raison d'une augmentation "plus modeste" de la provision faite faveur de la CPEG (36 millions en 2016 contre plus de 200 millions en 2014 et 2015) et parce que le Conseil d’État s'est estimé en droit de ne pas verser l'annuité due à la fonction publique. Le déficit structurel croissant, lié essentiellement à l'augmentation régulière des charges, reste entier.

La dette moyenne diminue. C'est bien. Mais cela ne résulte pas (ou bien peu) du résultat des comptes de fonctionnement. Cette diminution est liée à une chute inquiétante (mais semble-t-il provisoire) des investissements publics et à un besoin réduit en fonds de roulement (les contribuables paient en moyenne plus rapidement leurs impôts).

Enfin, les résultats financiers ne disent évidemment rien sur les enjeux financiers importants de ces prochaines années, comme, par exemple, celui lié à la recapitalisation de la CPEG. Et s'ils mettent en évidence une gestion plutôt rigoureuse et bienvenue de l'actuel Conseil d’État, ils rappellent douloureusement que nos élus - au Grand Conseil et au Conseil d’État - restent incapables d'imaginer et de mettre en œuvre certaines importantes réformes dont notre Canton a urgemment besoin.

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